FLUX ET REFLUX...
A quelques pas des élections, l' Administration des USA ne devait rester les bras croisés face à la débâcle empirique qui s' abattait sur les marchés. Wall Street, le symbole de la puissance hégémonique du pays, méritait bien un plan de sauvetage... de façade. La Finance n' étant que du showbiz, il fallait farder d' expédients (quand bien même coûteraient-ils la bagatelle de 1000 milliards de dollars) le leader malade et à l' article de la mort afin qu' il ait l' air pimpant en montant sur scène...
Evidemment, ces diverses opérations suscitent un émoi à la hauteur des mesures dans la communauté financière. Chacun y trouvant son compte pour vendre sa soupe. User de digressions risquerait de nous perdre en conjectures. Des supputations avec de belles phrases aux entournures pour développer moult hypothèses ne ferait guère avancer la quête de Vérité. Alléguer plusieurs suppositions apporterait tout juste la gloriole de brandir selon le schéma retenu par l' Avenir la bonne alternative qui aurait été dépeinte au mépris de l' autre à terme... Avoir raison en somme dans quelque cas de figure que ce soit.
Les Autorités américaine, britannique et de la zone euro (Allemagne, France...) ont décidé d' éteindre l' incendie. Du moins, elles vont s' y escrimer puisque rien n' est encore fait en ce sens. A la faveur de plusieurs opérations, elles pensent qu' elles mettront à genoux les maux qui rongent depuis plus d' un an à travers ce "subprime" les bourses mondiales.
Injections massives de liquidités des banques centrales, baisses historiques des fed funds et nationalisations aux USA dans un premier acte. Mais celui-ci se montra insuffisant. Il convenait de mettre en place la grosse artillerie. Et voici que le second acte vit la Maison-Blanche s' immiscer totalement dans les affaires de la "spéculation", laquelle mettait en danger le citoyen américain selon le Président Bush. C' est pourquoi, alors que la crise originellement a pris son essor sur le seul fait que les habitants ne pouvaient plus faire face à leurs échéances de crédit, un tour de prestidigitation est proposé par les instances fédérales.
On éponge grosso modo les dettes des banques en soulageant de facto la population de ses emprunts qu' elle n' honorait plus et on lui fait payer la facture du soulagement. On déplace le problème... sans pour autant le résoudre !
La spéculation à proprement parler maintenant. La vente à découvert ("VAD") est au banc des accusés. La solution ? Eradiquons-la ! Avec une cohorte d' intervenants, principalement des gestionnaires de fonds voyant leurs actifs fondre comme neige au soleil, ces "VAD" sont montrées du doigt. Ce sont elles qui ont poussé à la faillite certaines banques. C' est ainsi et nos chantres de la pensée unique sont souverains dans leur constat. Si leurs SICAV boivent la tasse, c' est spécialement à cause des autres. D' ailleurs, l' orchestration est rondement menée car beaucoup se posent en "père la Vertu" et fustigent de telles pratiques. Ouf ! Plus de "VAD" durant plusieurs mois sur le secteur attaqué. La journée de vendredi aura été l' occasion du rachat de ces positions. Mais justement, ce que les Autorités feignent d' ignorer (sinon elles les auraient proscrites ad vitam aeternam), c' est qu' en empruntant des titres à la vente, cette configuration permettait d' avoir un parachute en cas de secousses baissières, les opérateurs devant dans tous les cas racheter les actions pour les livrer !
De surcroît, personne ne s' émeut qu' on puisse par le jeu des règlements différés acheter cette fois-ci des titres à crédit en quelque sorte. Naturellement non, car cela va dans le sens de la hausse ! Oui en principe... sauf que... la Chine par exemple qui n' accepte pas la VAD est pourtant actuellement bien mal lotie avec son Composite ! Puis, cela rappelle 1929 où le krach naquit d' une trop forte exposition des opérateurs sur les marchés à crédit tandis que la VAD n' existait pas... Cessons donc l' hypocrisie générale. N' oublions pas que dans le processus des "journées noires" jadis, il y avait eu des séances de rebond spectaculaire avant que le Dow Jones ne s' affaisse de plus belle...
Logique que le mouvement de balancier fasse son oeuvre.
Enfin, terminons tout de même en levant notre verre à cette remarquable performance de notre cac40. +9,27% ! Historique ! Le pétrole remonte à plus de 100 dollars. L' or revient en bonne forme. L' euro s' apprécie de nouveau face à la coupure verte à plus d' 1,45... Bref, dépêchons-nous de nous enivrer de ce record... avant que l' indice ne nous fasse boire la coupe jusqu' à la lie ! Trinquons... avant de trinquer.
H. Folliard |